Les Petits Mouchoirs

Ça y est, je suis allé voir « Les Petits Mouchoirs », le film de Guillaume Canet en salle depuis le 20 octobre. Tout beau, tout neuf et quel buzz autour de lui . Non, je ne donnerai aucun détail sur l’histoire (qui pourrait gâcher le plaisir de celles et ceux qui ne l’ont pas encore vu), ni sur la qualité du scénario ou de la réalisation, je ne suis pas critique de cinéma et je n’ai pas l’intention de le devenir, et puis les goûts et les couleurs… propres à son cadre de référence.

Au départ j’ai pensé que le nom de petits mouchoirs voulait dire « sortez-les vite vous allez en avoir besoin ! » faisant référence aux pseudo-souffrances que transporterait chaque protagoniste du film, alors oui c’est un peu ça mais en fait non « petits mouchoirs » fait plutôt allusion à ceux qu’on sort non pas pour pleurer (mais vous n’y échapperez pas) mais pour couvrir les blessures et les souffrances que nous portons en nous, bien cachées tout au fond…

Alors le film on aime ou on n’aime pas, mais il invite à penser… loin d’être un film philosophique, on sourit, on rit et on pleure, ce que l’on retient, ce qui marque c’est le concept même de l’amitié, puisque c’est de cela qu’il s’agit, d’une histoire d’amitié, et libre à chacun de lui donner sa propre définition.

En dehors de la plus basique, c’est à dire une sympathie, une affection profonde envers quelqu’un, ou un groupe, que signifie-t-elle vraiment pour chacun de nous ? Dans le film l’amitié consiste à se voir beaucoup, partager beaucoup de bons moments à manger, boire et partir en vacances, en sem ble, bref on se damnerait pour être entouré d’amis pareils, mais lorsqu’un évènement dramatique s’immisce dans cette belle amitié de groupe, rien ne va plus… on s’aime, oui oui on s’aime, on est soudés, oui oui on est soudés, mais on ne va quand même pas mettre notre vie entre parenthèses sous prétexte que l’on a un pote à l’hosto (je ne divulgue rien, c’est dans la bande-annonce). Il faut donc continuer à vivre, aussi normalement que possible : partons donc comme prévu en vacances, mangeons, buvons, fumons, prenons du bon temps, après tout que peut-on y faire aux aléas de la vie (des autres surtout). Les vacances se passent, les moments drôles, et puis VLAN, une claque dans la gueule, l’amitié devient alors une évidence,  mais à quel prix…

Au cours d’une séance, une de mes clientes se plaignait de ne pas avoir d’amis « normaux », « qu’appelez-vous normaux lui demandais-je ? et bien au moins un ami à qui on peut téléphoner à 2 h du matin si on a un problème et sur qui on peut compter, vous même à qui téléphoneriez-vous si vous aviez un problème à  2 h du matin ?? Moi ? à la Police » tout est donc relatif finalement… Alors l’amitié cela consiste en quoi ? être celui qui recevra le coup de fil dans la nuit ? celui qui le passera ?

L’amitié ne rend pas le malheur plus léger, mais en se faisant présence et dévouement, elle permet d’en partager le poids, et ouvre les portes de l’apaisement.
Tahar Ben Jelloun

L’amitié est donc faite de partage, de présence et de dévouement… vous pouvez maintenant compter les amis à qui vous offrez cela et vice versa… étonnant non ?

Je ne résiste tout de même pas à l’idée de vous dire d’aller voir le film, avec vos mouchoirs…