Les français & les pshycotropes… une grande histoire

Voici quelques extraits d’un article du Monde, paru le 10 septembre 2008, faisant l’état des lieux de la dépression en france, et de la prise de médicaments pour la combattre :

« Les Français consomment trop de psychotropes. Somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs, dans ce domaine, ils sont les champions d’Europe…

Stress au travail, problèmes familiaux, troubles du sommeil, fatigue répétée, anxiété, la souffrance psychique et sociale, le « ça va pas en ce moment docteur » sont devenus le pain quotidien des généralistes…

Pour soigner leurs patients, 47 % des médecins disent se heurter à « l’insuffisance et aux difficultés d’accès des services spécialisés ». Lorsqu’ils ont besoin de l’avis d’un psychiatre pour instaurer un traitement ou évaluer le risque (en particulier suicidaire) et la gravité d’un trouble psychique, plus de la moitié des généralistes peinent à obtenir un rendez-vous rapide et un retour d’information du spécialiste…

Pas étonnant, dans ces conditions, que le médicament soit la principale approche thérapeutique (94,8 % des médecins interrogés déclarent y avoir recours « souvent » ou « toujours »), suivie, loin derrière, par les thérapies comportementales et cognitives (44,3 %), les psychothérapies conventionnelles (35,7 %) ou les groupes d’entraide (12,6 %)…

Voilà plus de dix ans que la surconsommation de psychotropes est pointée dans différents rapports officiels. Fin août, ce constat a une nouvelle fois fait la « une » des médias. Les chiffres – un Français sur quatre a consommé un psychotrope dans les douze derniers mois – et l’état des lieux – trop de prescriptions se révèlent inadéquates et coûtent une fortune à l’Assurance maladie – sont toujours les mêmes, mais cette fois quinze médecins, dont treize psychiatres, ont signé un appel « contre l’abus d’antidépresseurs »…

Entre des généralistes qui n’ont ni le temps ni la formation suffisante pour proposer autre chose que du Lexomil ou du Prozac, des patients pour lesquels le médicament s’avère la solution la plus économique financièrement et moralement, une industrie pharmaceutique qui ne relâche pas sa pression marketing, des psychiatres très mal répartis géographiquement et des pouvoirs publics qui n’entendent pas ouvrir le dossier du remboursement des thérapies non médicamenteuses, la consommation de psychotropes a encore de beaux jours devant elle.

« Les chiffres montrent que le psychotrope a cessé d’être un médicament pour devenir un produit à traiter les malheurs de la société », expliquait le professeur de psychiatrie Edouard Zarifian (décédé le 20 février 2007), auteur en 1996 du premier rapport pointant les dérives de la consommation de ces produits. Rien n’a changé…  »

A quand le vrai combat contre la dépression et ses conséquences ?

NB : l’article dans son intégralité est consultable en ligne, gratuitement et prendant 15 jours,  à l’adresse suivante :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/09/09/deprime-les-raisons-de-la-surmedicalisattion_1092975_0.html

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